Brèves de Montagne

Contact

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

TRIBUNE LIBRE

"L'histoire, si loin que nous remontons dans le passé, si diligemment que nous étudions autour de nous les sociétés et les peuples civilisés ou barbares, policés ou primitifs, l'histoire nous dit que toute obéissance est une abdication, que toute servitude est une mort anticipée ; elle nous dit que tout progrès s'est accompli en proportion de la liberté, de l'égalité et de l'accord spontané des citoyens. Tout siècle de découvertes, nous le savons, est un siècle pendant lequel le pouvoir religieux et politique se trouvait affaibli par les compétitions, et où l'initiative humaine avait pu trouver une brèche pour se glisser, comme une touffe d'herbes croissant à travers les pierres descellées d'un palais."
Elysée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution

Fil des billets

vendredi 24 mars 2017

Vive les riches !!!

https://www.forbes.com/billionaires/list/#version:static

lundi 27 février 2017

Guerre d'Espagne, front d'Aragon, bataille de Barbastro, souvenirs de Georges Navel

Réalisé à l’été 1984, cet entretien inédit entre Phil Casoar et Georges Navel avait pour principal objet de recueillir le témoignage de sa participation éclair à la guerre d’Espagne dans les rangs de la colonne Francisco Ascaso.

Georges Navel, de son vrai nom Charles François Victor Navel (Pont à Mousson, 30 octobre 1904 - Die (Drôme) 1er novembre 1993), est un écrivain libertaire français, manœuvre, ajusteur, terrassier, ouvrier agricole, apiculteur, correcteur d’imprimerie à Paris (1954-1970)
Son oeuvre ne compte que quelques pièces mais il faut lire Navel attentivement. Georges Navel, qui concluait son admirable “Travaux” par ces lignes : ” L’usine un jour serait à nous. Nous ne travaillerons plus pour la guerre. je me sentais lié aux hommes qui m’entouraient par une communauté d’espoirs. Ils étaient sortis de leur indifférence, de leur passivité. Il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique.”

Un entretien avec Georges Navel - Une aventure espagnole  (A contretemps N° 14-15 décembre 2003 www.acontretemps.plusloin.org)

] Extraits [

” J’ai passé la frontière le 29 juillet 1936 à Port-Bou. C’était facile. Il y avait des miliciens, mais la frontière n’était pas sévèrement gardée. Il suffisait que tu dises « Francisco Ferrer », ça servait de mot de passe. A Port-Bou, je me suis retrouvé avec des Bulgares, des Serbes, des Italiens, quelques Parisiens. Voilà… J’ai passé le tunnel. Au bout du tunnel, le type qui est venu n’a pas pointé son fusil vers moi. Ça changeait de Bourg-Madame. C’était bien. « Francés… Miliciano… » « Es igual… de los nuestros… » Le milicien m’a emmené à la mairie où j’ai dit que je venais pour participer. Il y avait des gens qui s’occupaient des questions à régler, des gens capables. C’était organisé, t’étais pas accueilli comme un mécréant. On m’a donné des tickets pour le restaurant. Un petit garçon très gentil m’a donné la main et m’a emmené au restaurant. Il disait à tout le monde : « Miliciano francés, miliciano francés ... “
[…]

 “A Barcelone, j’ai ressenti la même émotion qu’Orwell, arrivé quelques mois plus tard. Par parenthèse, rejoindre Barcelone en décembre 1936 pour aller au front, c’était courageux, une idée de battant. Nous, nous sommes partis au début, sans trop savoir, c’était pas réfléchi… Mon impression : Barcelone, c’était vivant, exaltant même. Il faisait chaud, tout le monde se parlait, les gens dormaient peu. On avait plutôt une impression de joie, de fête. Dans les rues de la ville, on brûlait un peu d’essence, par plaisir. Des voitures sillonnaient Barcelone avec des gars juchés sur les marchepieds en levant le poing ou en agitant un drapeau noir et rouge. Il restait encore des chicanes, des restes de barricades. On ne sentait aucune terreur ambiante.”

Lire la suite...

samedi 25 février 2017

A propos d'une bataille perdue par Svetlana Aleksiévitch - Prix Nobel de littérature 2015 (extrait)

Le chemin qui m’a menée jusqu’à cette tribune a duré presque quarante ans. D’une personne à l’autre, de voix en voix.
 Je ne peux pas dire qu’il n’ait jamais été au-dessus de mes forces, ce chemin, bien des fois, j’ai été choquée et horrifiée par l’être humain, j’ai éprouvé de l’admiration et de la répulsion, j’avais envie d’oublier ce que j’avais entendu, de revenir au temps où j’étais encore dans l’ignorance. Et plus d’une fois aussi, j’ai envie de pleurer de joie en voyant la beauté de l’être humain.

J’ai vécu dans un pays où, dès l’enfance, on nous apprenait à mourir. On nous enseignait la mort. On nous disait que l’homme existe pour se dévouer, pour brûler vif, pour se sacrifier. On nous apprenait à aimer les hommes armés de fusils. Si j’avais grandi dans un autre pays, je n’aurais pas pu faire ce chemin. Le mal est impitoyable, il faut avoir été vacciné contre lui. Mais nous, nous avons grandi parmi des bourreaux et des victimes. Même si nos parents vivaient dans la peur et ne nous racontaient pas tout (la plupart du temps, ils ne racontaient rien), l’air que nous respirions était contaminé par ça. Le mal était toujours là, à nous épier du coin de l’œil.

J’ai écrit cinq livres, mais j’ai l’impression que cela n’en fait qu’un seul. Un livre sur l’histoire d’une utopie.

Varlam Chalamov [l’auteur des Récits de la Kolyma], a écrit : ” J’ai participé à une grande bataille perdue pour un renouvellement effectif la vie ». Moi, je reconstitue l’histoire de cette bataille la victoire et la défaite. Comment on a voulu instaurer le royaume des Cieux sur terre. Le paradis ! La cité du soleil ! Et au bout du compte, il n’est resté qu’un océan de sang et des millions de vies gâchées pour rien. Mais il fut un temps où aucune idée politique du XXe siècle ne pouvait être comparée au communisme (et à son symbole, la révolution d’octobre), aucune n’exerçait sur les intellectuels occidentaux et sur les hommes du monde entier une fascination aussi puissante, aussi éclatante. Raymond Aron appelait la révolution russe : « l’opium des intellectuels ». L’idée du communisme a au moins deux mille ans. On la trouve chez Platon, dans ses enseignements sur un gouvernement idéal et juste, chez Aristophane, dans ses rêves sur un temps où « tout sera mis en commun »… Chez Thomas More et Tommaso Campanella. Et plus tard, chez Saint-Simon, Fourier et Robert Owen. Il y a chez les Russes quelque chose qui les a poussés à tenter de réaliser ces rêves.

vendredi 24 février 2017

John Cale : Sunday Morning

On 3rd April 2016 at the Philharmonie de Paris, John Cale - co-founder of the Velvet Underground - replayed his 1966 debut album The Velvet Underground & Nico.

vendredi 10 février 2017

Un clochard m’a demandé dix sous - Léon Gontran Damas

A Théo,

Moi aussi un beau jour j’ai sorti
mes hardes
de clochard

Moi aussi
avec des yeux qui tendent
la main
j’ai soutenu
la putain de misère

Moi aussi j’ai eu faim dans ce sacré foutu pays
moi aussi j’ai cru pouvoir
demander dix sous
par pitié pour mon ventre
creux

Moi aussi
jusqu’au bout de l’éternité de leurs
boulevards à flics
combien de nuits ai-je dû
m’en aller
moi aussi
les yeux creux

Lire la suite...

samedi 21 janvier 2017

Salut Barack !


Quand Obama pousse la chansonnette par libezap

dimanche 18 décembre 2016

Alep, une honte profonde et indélébile - Bernard-Henri Lévy

« La pyramide des martyrs obsède la terre. » Ce vers de René Char me revient comme une gifle, ce matin, face aux nouvelles d’Alep. Et j’ai honte. Je n’ai pas vraiment honte de Vladimir Poutine, ce petit tsar vulgaire, ce chef d’Etat voyou, qui, entre deux shooting photos et étalages de testostérone, envoie ses avions bombarder les ruines de la ville : Alep n’est rien, pour lui, qu’un théâtre parmi d’autres de son narcissisme furieux et il est, au fond, dans son rôle.
Je n’ai pas vraiment honte d’Assad, avec sa grande silhouette terne où se vautre l’âme la plus vile, la plus noire, la plus lâche, des salauds de notre temps : ce type de personnage s’est, depuis longtemps, retranché du rang des humains ordinaires et c’est de crimes contre l’humanité qu’il aura à répondre, le moment venu, devant la justice des hommes.
Mais j’ai honte de moi parce que j’ai plaidé, hurlé dans le désert, écrit des textes en grand nombre – et que je me trouve, cette fois, renvoyé à mon impuissance, à ma rage froide et ravalée, à mes alertes lancées en vain.

Lire la suite...

mercredi 14 décembre 2016

Alep

dimanche 27 novembre 2016

26 novembre 1976, «Anarchy in the UK» des Sex Pistols

vendredi 25 novembre 2016

Alep

A nos amis d’Alep

Pendant que la planète
Avec tous ses pays
Tourne cruellement
Autour de sa Syrie
Montagneuse, saignant
Pour les cinq continents
Votre sort détestable
Fait de nous des coupables.
Comme pour comparaître
Devant un juste Maitre
Avec son tribunal
Nous ouvrons nos fenêtres
Dans le jour qui fait mal,
Nous qui ne pouvons rien
Vous qui manquez de tout
Nous qui ne pouvons rien
Que nous mettre à genoux
Nous qui ne croyons pas
Nous qui prions pour vous.

A Alep-Est, le « pire » est atteint quotidiennement depuis des semaines. Les derniers tracts largués par les hélicoptères du régime promettent des jours encore plus sombres aux habitants. Qualifiés de « chers compatriotes », les habitants sont appelés par « le haut commandement des forces armées » à « s’abstenir de sortir dans les rues » et à s’« éloigner des combattants ». Il ne s’agit plus d’une injonction à quitter la zone rebelle, mais d’une invitation à se terrer sous le déluge.

Lire la suite...

- page 1 de 6