OLYMPUS DIGITAL CAMERA prélude

Le puits du Jaut est un puits montagnard en terrain calcaire. Il a été réhabilité en septembre 2007 par quatre jeunes, accompagnés de deux éducateurs et un professionnel, au cours d'un chantier de réinsertion mené par la Maison de la Montagne.

Lors de ce chantier, le puits a été reconstruit, curé et sécurisé par une barrière, pour éviter que les animaux en pâtures ne s'y égarent dedans, ce qui pourrait leur être dommageable.

Au fil du temps, l'eau s'y infiltre et avec elle, de la terre. Ainsi le puits perd de sa profondeur, peu à peu comblé par la boue. Il est donc nécessaire de le curer régulièrement. Ce fût l'objet de ce week-end organisé par quelques bénévoles de la MM. Par la même occasion il s'agissait de faire un tour d'horizon du chantier, une sorte de Services Après Vente, sauf que le puits n'a jamais été vendu à qui que ce soit vu qu'il est manifestement intransportable (tout comme la plupart des trous d'ailleurs).

présentation des éléments du week-end :

Ce week-end là nous étions plus ou moins une vingtaine d'humains : 3 Morel, 3 Maurice, 2 Gardères, 2 Darius, 1 Macia, 1 ch'ti, 1 brésilien (la montagne pour tous !) et j'en passe tout un tas. Il y avait aussi une salamandre que nous n'avons pas pris la peine de nommer parce qu'elle sentait mauvais et que ça ne nous incitait pas à s'en faire une amie. Et il y avait enfin un oiseau que nous n'avons pas eu le temps d'identifier, et qui n'a pas non plus pris le temps de se présenter, donc nous l'appellerons Alfred en l'honneur de Hitchcock.

Ce week-end là il y avait aussi de quoi faire des grillades. C'est à dire qu'il y avait du pain, du feu, des ardoises qui brûlent les doigts quand on les touche, et de quoi faire des grillades. Il y avait aussi de l'alcool mais seulement trois bouteilles de vin selon l'organisation, quatre selon les officiels.

Il y avait également une bouteille de champagne qui en contenait deux, et qui donnait plus de bulles que de liquide. Mais bon c'était du champagne quand même... Et puis il y avait de la bonne humeur et de la bonne volonté, ce qui ne se dit pas trop, alors disons qu'il y avait du rire et des muscles. Et enfin il y avait un puits, avec de la boue dedans, un crâne de mouton, une salamandre plus très fraîche, Alfred, et sur la fin on pouvait y voir Pierre dans une combinaison rouge qui ne fait pas très Président il me semble.

déroulement sommaire

La soirée de ce samedi 28 juin 2008 fût très appréciable, ce qui explique certainement pourquoi elle fût très appréciée. Alors que saucisses, merguez, boulettes halal, et viandes diverses se laissaient gentiment cuire sur les ardoises qui conduisent bien la chaleur, Guillaume nous démontrait encore une fois qu'en l'embauchant, la MM a fait d'une pierre moult ricochets. Notre cher coordinateur jouant de la guitare comme il grimpe, c'est à dire avec tous ses doigts. Nous profitâmes de ce moment paisible pour écouter les histoires de Pascal, refaire le monde, refaire la MM et parler avenir. Pascal se brûla les doigts sur une ardoise mais on pourra pas dire que je l'avais pas prévenu. Et nous nous couchâmes repus et heureux. Certains optèrent pour la cabane, certains pour les tentes et les derniers pour la belle étoile.

Le lendemain, dimanche 29 juin, nous nous levâmes dès les toutes premières lueurs, vers 8h. Une expédition "eau potable " fut organisée. Sur les conseils d'un spécialiste il fut décidé de mettre un cachet de Micropur pour dix litres d'eau. Sur les conseils d'une spécialiste il fut décidé de mettre un cachet par litre vu qu'il ne s'agissait pas de Micropur mais d'Hydroclonazone. Ceci évita un drame qui aurait pu compromettre la bonne humeur qui maintenait les troupes dans une cohésion extraordinaire.

Après un petit déjeuner rapidement expédié nous nous dirigeâmes vers le puits sur les coups de 10h. Notre plan était précis et sans faille. Il fallait vider le puits, le curer de sa boue et sortir Pierre de son trou. Tout a été exécuté dans le bon ordre ce qui est assez heureux parce qu'on aurait pu mélanger. Tandis que certains se relayaient pour vider le puits, d'autres constataient qu'il fallait vider les sceaux plus loin pour ne pas que l'eau revienne dans le puits. C'était loin d'être idiot, alors on vida les sceaux plus loin.

Un autre groupe enlevait l'écorce de la barrière pour ne pas que l'eau de pluie y stagne et fasse pourrir le bois, et d'autres enfin sciaient quelques rondins pour éviter que les chevaux ne viennent s'y frotter et détruisent ainsi la barrière. Ce n'est qu'au bout de trois quarts d'heures de travail qu'Alfred, dérangé par le va-et-vient incessant des sceaux, quitta son nid qui était logé dans la paroi du puits... Au bout d'une heure et demie, le puits vidé, Pierre enfila son baudrier sans se tromper et fût descendu via une corde et un nœud d'assurage digne d'un marin andorran. Malgré cela, malgré le bord du puits qui se délitait, malgré le sceau en bout de course qui le surplombait lourdement chargé et malgré l'attaque d'une salamandre décédée, Pierre pu s'en sortir sans aucun dommage. Le puits était nettoyé, il avait fallu une heure de plus.

Lorsque la journée de travail s'acheva, vers 12h30, nous prîmes le parti de manger pendant quelques heures. Tant et si bien que malgré la remontée vers le col dans une moiteur tropicale, nous ne perdîmes aucun kilo durant le week-end.

prospectives

Encore du labeur pour les bénévoles de la MM... Certainement faudra-t'il refaire un week-end là -haut. Non pas parce que c'est extrêmement sympathique, mais avec la véritable excuse qu'il faut refaire la margelle au risque de voir le puits s'effondrer peu à peu. Après des études poussées, il nous a paru probable que le mortier de la margelle (qui a été finalisée courant octobre 2007 par des bénévoles), a dû geler avant de durcir. Maintenant il s'effrite, les pierres risquent à nouveau de faire le grand plongeon, risquant de déloger Alfred qui va finir par nous en vouloir.

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Sylvain.