Ah oui, si aujourd’hui tu ne grimpes pas du huit, tu n’intéresses personne ou presque. Dans les magazines, le 6 n’existe que pour la ménagère de 50 ans.Pour du 7, il faut que l’escalade se fasse sur des crochets espacés de 15 mètres et les crochets doivent venir d’Emmaüs sinon ça ne compte pas. Alors il reste le huit. Pour vendre, pour accrocher le sponsor, séduire le partenariat. Par exemple : douze voies en huit pendant les douze coups de minuit, à l’âge de douze ans, ou après avoir arrêté l’escalade pendant douze ans… sinon t’es rien. Et bof ça captive qui vraiment ?
C’est un peu pourquoi, à la MM on a voulu organiser les Rencontres Verticualidad. Pour raconter des histoires de grimpeurs joyeux, des histoires de passion, des moments qui nous donnent envie de cultiver notre jardin vertical, de repartir de là heureux et le moral regonflé à bloc. Et pour le premier soir on a  pensé à Christian Ravier, pourquoi ?

Parce que si on laisse Christian parler d’escalade toute une soirée on est sûr qu’au bout du compte il nous aura parlé …d’escalade et un peu de lui. Il ne nous aura pas mis la tête comme un bretzel à cause des cotations. On n’aura pas eu droit à un inventaire de ses exploits, juste la beauté des lignes qui descendent directement du ciel, des mouvements reliés entre eux qui amènent au sommet  et ça s’appelle depuis la nuit des temps : une voie.
Pas de cotation enfin peu, ce n’est pas essentiel, c’est juste pour renseigner, pour t’envoyer au charbon en toute connaissance de cause. De toute façon, quand tu jettes un œil sur le topo d’une de ses voies, tu sais que ça ne sera pas cadeau.
Quand il vient d’ouvrir, Christian ne parle jamais de cote ou très peu. Avec lui le caillou est toujours bon, voir excellent.  Il ne peut jamais être vraiment mauvais, tout au plus est-il exotique. Il n’y a pas d’herbe dans la voie et les pianos Yamaha (ou Steinway) pendouillant sur lesquels il tire joyeusement en sifflotant le Temps des Cerises sont, comme il dit, des « beaux motifs » d’escalade.
Quand le caillou est beau et que c’est dur alors ses yeux s’allument comme les phares d’une Porsche et tu as compris que c’est très beau et très dur !
Alors les taiseux bodybuildés couverts de mousse à force de fréquenter les surplombs de leurs caves c’est bien, surtout s’ils ont des choses à raconter mais pour  la M.M…
… un mec qui donne, qui distribue le jeu avec autant de générosité depuis la naissance des Pyrénées, je dis chapeau !
Alors venez nombreux, vous aurez droit à cela ce jeudi 26 et à plus encore. Vous aurez droit à de la belle, de la grande, de la joyeuse escalade et par les temps qui courent ce n’est déjà pas si mal !

Rencontre avec Christian Ravier, Jeudi 26 novembre
19h00 : Apéro tapas
20h30 : Projections de Christian Ravier
La première projection traite ma façon de vivre le Pyrénéisme en regardant vers le sud, la beauté des sierras aragonaises et catalanes. Histoire de cordée, de lignes découvertes, de ma vie de guide, de rocher et de glace.
La seconde, l’escalade est un prétexte génial pour voyager et rencontrer. Nous passerons par Taghia, dans l’Atlas marocain, par les lumières de l’hiver norvégien, par le Sahara et la main de Fatma au Mali, par le Ben Nevis en Ecosse, pour terminer sur les incroyables dessins de la roche jordanienne.