En 2012, La Maison de la Montagne animera ce lieu montagne à Pau en bonne compagnie. Deux associations réfèrentes, les Amis du Parc et le Club alpin Français apporteront leurs longues histoires et une formidable richesse collective. Dans divers blogs, on peut lire qu’un tel  lieu devrait se situer au centre ville…près de l’office du tourisme, au cœur du centre historique. Un pyrénéisme d’élite, toujours un peu plus recroquevillé sur lui même apporterait quoi de plus?
Quid des quartiers populaires? des autres habitants de Pau? de la richesse qu’apporte les habitants des quartiers? du brassage? des échanges? de l’énergie des cités?

La Cité de la montagne sera comme un refuge. Tout le monde sera assis à la même table, sans distinction de classe sociale, de palmarès sportif, de privilège de naissance. Avec la MJC Berlioz, les jeunes et les anciens  verront tous les jours le peuple des montagnards de Pau et du Béarn, des grimpeurs espagnols, des skieurs basques, des naturalistes catalans boire un café ensemble, préparer une expo, animer une conférence, travailler sur un recueil de topos. Quoi de plus proche de la définition du pyrénéisme que la diffusion, la communication et l’échange autour d’une même passion de la montagne ?
Ascensionner - sentir - écrire annonçait Béraldi dans “Cent ans aux Pyrénées”.
Informer, éduquer, diffuser le sentiment montagnard, c’est ce que nous faisons au quotidien avec les centres sociaux des quartiers, les MJC, les associations. Parler montagne, défendre un rapport équilibré entre l’homme et la nature, afficher la beauté sur les murs gris c’est mettre de l’ambition au coeur des quartiers et lier la longue histoire du pyrénéisme à l’histoire récente, turbulente parfois mais combien vivante des cités.

Il n’y a pas plus innovant que les idées généreuses et gratuites. Il n’y a pas plus plus moderne que l’envie de partager, d’informer, d’éduquer et enfin de plus pyrénéiste que l’idée de la Cité de la Montagne.

Je ne peux m’empêcher de finir par un bout de  l’édito de Bernard Zekri qui parle d’une révolution en marche et qui nous touche donc de très près…

Alors aucun historien ne s’étonnera de voir la révolution sauter de Tunis au Caire, et frémir d’Amman à Sanaa, d’Alger à Damas. Les révolutions arabes d’aujourd’hui vont-elle apporter aussitôt la démocratie, la liberté, le bonheur ? Nous le souhaitons mais nous savons aussi qu’il fallut un siècle à la France pour passer du jacobinisme terroriste de Robespierre à la démocratie apaisée de la Troisième République. Les révolutions vont plus vite que la démocratie. Après la destruction des tyrannies, les peuples ont besoin de temps pour construire la société nouvelle, des mois ou des années.
L’Occident, pour une fois fidèle à ses principes, devra protéger ces libertés naissantes, et les militaires ou les religieux ne pas les confisquer.

Pierre