La Maison de la Montagne est née d’une utopie. Son projet est parti d’une feuille blanche et vierge, libre de toutes contraintes. Seuls les débats passionnés entre montagnards, grimpeurs, éducs, guides, accompagnateurs et chômeurs ont servi de carburant.
Personne n’y croyait. Fédérer les grimpeurs ? Pourquoi pas les ermites, les navigateurs solitaires ou encore les perceurs de coffre-fort ? Tant qu’on y était…
Démocratiser la montagne, la pratique, l’approche, la culture. Chacun avait son idée. Personne ne savait comment faire. Ni par où commencer. Mais l’envie était là. Fraiche, limpide, glaçante parfois comme une source de montagne.
C’est au cours d’une réunion dans les préfabriqués qu’a été émise pour la première fois l’idée d’un centre de documentation, de bibliothèque, d’un lieu spécialisé où on trouverait toute la littérature montagnarde possible, des topos et de la passion autour pour animer cela.
Un lieu en Catalogne semblait correspondre : Le Service d’information montagne de Sabadell ; « Servei general d’informacio de muntanya »
Si on voulait donner une dimension pratique et intellectuelle à la Maison de la Montagne, il fallait structurer une réflexion autour d’un lieu référent capable de donner à tous, tous les jours, un renseignement technique, précis et à jour. On devait pouvoir s’adresser aux touristes, montagnards, pyrénéistes débutants ou experts d’ici, d’ailleurs, d’hier et de maintenant.
L’idée d’un centre de ressources montagne était née et une bibliothèque de topos la plus exhaustive possible devait occuper les étagères. Les grimpeurs voulaient tous les topos du monde, d’autres penchaient vers une diversité plus prononcée. On se mit d’accord. Nous aurions tous les topos du monde et tous les livres…
Comme on n’avait pas encore de salarié et pas un rond, il fut décidé que chacun prêta ses bouquins. L’un donna ses « Ollivier » l’autre ses « Vallot» un autre encore ses bouquins de géographie ou son “Copain des Pyrénées” encore plein de feuilles et d’herbes bizarres…Des cartes papier, en relief, puis des lithos, une de Schrader entre autre. Ainsi, la bibliothèque s’est remplie petit à petit. En regardant bien, on trouve encore les noms des propriétaires au crayon sur certains livres.
La M.M c’est cela. Des dons, une idée populaire d’association et de la générosité. Il faut saluer ici le travail de Mapie Courtois qui fut salariée pendant 3 ans et donna une impulsion sans doute décisive au centre de doc, au renseignement, à l’idée “culture” portée par la M.M…
Comme pour les projets « cabane » le lieu ne s’est pas rempli d’un claquement de doigts. L’idée ne s’est pas consolidée à partir d’un projet imposé par des élus, des financeurs, des gourous, des élites. L’asso s’est construite peu à peu dans le désordre et les conflits, les doutes, la bonne humeur et la mauvaise, parfois.
La bibliothèque n’est pour l’instant pas à la hauteur de nos espérances : 1000 livres ne font pas un centre de ressource de référence. Des secteurs entiers de topos manquent. Les budgets sont riquiquis. Les achats ne se font donc pas.
Mais depuis 2 ans déjà, une base de données en ligne sur Internet permet de retrouver tous les livres de la MM, comme dans une vraie bibliothèque. Indexation, plastification, numérisation sont réalisés par les bénévoles.
La bascule décisive s’est produite quand fut signée une convention avec le réseau des médiathèques en 2008. La reconnaissance enfin, après 8 ans d’existence !
Le présent c’est déjà demain…Les préfabriqués où se déroulaient les premières réunions seront démolis ce printemps. Les fondations de la “Cité de la Montagne” vont être creusées dans la foulée. L’été 2012 verra le déménagement dans les futurs locaux, avec la MJC, le CAF les APNP…Et la MM aura à peine 12 ans d’existence ! Que de chemin parcouru depuis les premières réunions !
Elle fut à l’initiative du projet ne l’oublions pas. Né d’une discussion, d’un somptueux rêve un peu barré de Daniel et Pascal, dans quelques temps le lieu utopique existera et vivra. Son cœur battra et des salariés se croiseront, participeront, travailleront ensemble.
Nous voulons que l’association vive cette transition pleinement, financièrement et humainement.
Après les fondations “philosophiques” et les fondations  “béton”, nous demandons à la Mairie de Pau plus de moyens pour nous accompagner dans les fondations “humaines” et faire vivre ce lieu comme il le mérite ; des moyens pour des livres, des expos, des festivals, de l’édition, des conférences.
Vendredi sera l’occasion de débattre de cela. Un renforcement, un rapprochement avec la MIDR peut avoir lieu ; il donnera certainement plus de moyens financiers. L’association s’en trouvera sans doute consolidée. La Mairie pourra intervenir plus précisément.
Mais au début, il y eu des dons, une énergie, des utopies. Aujourd’hui on nous demande de céder notre fonds documentaire à la MIDR pour qu’une nouvelle convention soit signée si Madame la Présidente valide ce choix collectif.
D’accord mais avant…avant, avant toutes choses, maintenant que vous connaissez l’histoire et que vous voulez participer,  c’est à vous adhérent (e)s, depuis 11 ans, une semaine, ou un jour, de débattre de cette orientation.