Selon le sentier choisit ou la direction du regard, les figures se regroupent pour créer des formes déterminées, comme une grande fresque qui se fond dans la nature. Chacun construit l’oeuvre en changeant de sentier, en regardant dans différentes directions….

Ibarrola a voulu ainsi jouer avec la relation entre l’art, la nature et le spectateur. D’autre part il a fait le lien entre le travail des artistes du Paléolithique et celui des artistes modernes consacrés au land art. Ibarrola a choisit cette forêt car il la connaissait bien, il vivait a proximité, mais aussi parce qu’elle se trouve entre deux lieux historiquement très symboliques: le village de Guernica et les grottes de Santimamiñe qui possèdent des peintures rupestres.

Les idées fondamentales qui ont guidé sa création :
• la recherche sur l’espace (comment représenter une image sur des espaces situés sur des plans différents)
• recréer l’âme et la réalité d’un paysage qui a été le témoin d’une vie millénaire.

La forêt a été peinte entre 1984 et 1998. L’emplacement est éloigné du bruit, on ne peut pas y accéder en voiture. Il faut suivre un sentier de 3 km pour arriver à la forêt.



L’ARTISTE : AGUSTÍN IBARROLA (Bilbao, 1930)


Il étudie à l’Ecole des arts et métiers de Bilbao, puis obtient une bourse pour faire ses études à Madrid, au sein de l’atelier du peintre Daniel Vázquez Díaz. En 1950, il rencontre le sculpteur basque Jorge de Oteiza, qui aura une influence significative sur son parcours artistique et l’introduira dans le constructivisme.

En 1955, il part à Paris où il fonde peu de temps après le « Grupo 57 » qui, comme d’autres groupes de l’époque, entendait donner un nouvel élan à l’art contemporain espagnol. Les artistes du groupe cultivaient notamment le style abstrait géométrique. Ils accordaient une grande importance à l’espace, et défendaient le lien entre les mathématiques et l’art.

Loin de tout individualisme, le groupe misait sur le travail d’équipe.. Au cours des années 60, son engagement social et son idéologie, proche du communisme, le mènent en prison. Plus tard, avec l’arrivée de la démocratie en Espagne et la création des territoires autonomes il défend un nationalisme d’intégration.
Ce qui lui vaut d’être menacé par les secteurs radicaux proches de E.T.A qui réclament l’indépendance du Pays Basque mais aussi par extrême droite qui lui reproche ses idées nationalistes.

Certaines de ces œuvres, dont la Forêt de Oma, ont été endommagées par certains de ces groupes violents.
Dans les années 80, il se replie dans sa ferme, où il peint des oeuvres de grand format et crée sa « Forêt d’Oma ». Il a participé très activement aux mouvements sociaux de lutte civique contre le terrorisme de E.T.A.

Ibarrola est un exemple d’artiste engagé avec la société . Il y a deux constantes dans la vie et l’art de Ibarrola : la recherche personnelle et artistique de la liberté et la relation entre l’art et la nature. Il considère que l’art destiné à un espace public doit :
- représenter la culture et les sentiments collectifs
- être de grande taille
- utiliser des matériaux qui résistent aux intempéries.

Sources : www.csimus.info
                www.spainisculture.com