Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, soutient que certaines civilisations, telles que celles de l’île de Pâques, des Mayas ou des Vikings du Groenland, sont la cause de leur propre perte en raison de leur impact sur leur environnement.

Dans cette longue étude, Diamond étudie dans le détail le ” collapsus ” écologique des civilisations Mayas, Vikings, de l’Île de Pâques et des sociétés indiennes américaines - après avoir rappelé les raisons évoquées dans l’effondrement des civilisations du “Croissant fertile”, de Rome et de l’Union Soviétique. Il rejette les analyses classiques attribuant l’écroulement rapide des quatre sociétés qu’il observe à des “catastrophes” naturelles ou militaires, des situations exceptionnelles, pour révèler un processus d’auto-destruction à la fois politique et écologique - il parle parfois d’”écocide”.

Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l’augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ?

La réponse se construit à partir d’un tour du monde dans l’espace et dans le temps - depuis les sociétés disparues du passé (les îles de Pâques, de Pitcairn et d’Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des Etats-Unis ; les sociétés moche et inca ; les colonies vikings du Groenland) jusqu’aux sociétés fragilisées d’aujourd’hui (Rwanda, Haïti et Saint-Domingue, la Chine, le Montana et l’Australie) en passant par les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement (la Nouvelle-Guinée, Tikopia et le Japon de l’ère Tokugawa).

De cette étude comparée, et sans pareille, Jared Diamond conclut qu’il n’existe aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait attribuable qu’aux seuls dommages écologiques.

Plusieurs facteurs, au nombre de cinq, entrent toujours potentiellement en jeu : des dommages environnementaux ; un changement climatique ; des voisins hostiles ; des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ; les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, à ces problèmes.

Cette complexité des facteurs permet de croire qu’il n’y a rien d’inéluctable aujourd’hui dans la course accélérée à la dégradation globalisée de l’environnement.

Le succès de ses ouvrages tient peut-être également au fait qu’en s’attaquant à l’écriture d’une histoire universelle dans laquelle les facteurs écologiques jouent le rôle déterminant, Diamond a pu donner à sa démarche les apparences d’une route parfaitement nouvelle.

Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés, Paris, Gallimard, « Nrf/Essais », 2000, 484 p. (réédité en poche dans la collection « Folio Essai », Gallimard, 2007, 695 p.).

Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Paris, Gallimard, « Nrf/Essais », 2006, 684 p