Évoquer le nom d’Henri Lefebvre (1901-1991), c’est faire resurgir l’époque des grands débats d’idées du XXe siècle, ceux de «mai 1968» entre autres. La pensée contestatrice féconde de ce philosophe et sociologue a connu et connaît toujours un grand rayonnement et ses ouvrages, traduits en plus de trente langues, ont une audience mondiale. Si, dès 1963, sa thèse complémentaire sur la vallée bigourdane de Campan a fait l’objet d’une parution (éditions PUF), on s’explique mal alors la raison pour laquelle sa thèse principale sur les communautés paysannes pyrénéennes, soutenue à La Sorbonne en 1954, n’avait jamais était publiée. Voilà chose faite. à l’initiative de l’architecte bagnérais Philippe Guitton, membre de la Société Ramond, qui a permis de retrouver (aux Archives départementales des Hautes-Pyrénées) le document tapuscrit, ce livre est désormais disponible. Il est publié conjointement par la Société Ramond et Le Cercle historique de l’Arribère, avec le soutien de Catherine Lefebvre, épouse de l’auteur. L’ouvrage traite de l’histoire des sociétés rurales pyrénéennes, d’un bout à l’autre de la chaîne, soit neuf vallées saisies chacune dans leurs spécificités, du Pays basque au Roussillon. L’étude court de l’Antiquité à 1848. C’est certainement un des ouvrages les plus fertiles sur l’histoire de ces communautés.

Henri Lefebvre, Pyrénéen de souche, y livre là, outre des connaissances inédites sur la vie et les pratiques quotidiennes de ces terroirs, une méthode d’analyse vivifiante représentative de sa pensée complexe.
Henri Lefebvre, «Les Communautés paysannes pyrénéennes», éditions Société Ramond, Bagnères-de-Bigorre (ramond-societe.com) et Cercle historique de l’Arribère, Navarrenx (bearndesgaves.fr/char), 2014, (20 €) et dans les librairies spécialisées.

Source : La Dépêche du Midi