Jeudi 22 mars 2007, la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris.

Philippe Val, directeur de la publication de Charlie-Hebdo est relaxé de la poursuite pour “injures publiques” déposée par l’association de la Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France.
   
Sur les trois dessins concernés, les juges ont estimé que celui qui représentait Mahomet portant une bombe dans son turban était, “pris isolément, de nature à outrager les adeptes de cette religion (l’islam)”, mais qu’il devait être re-situé dans le contexte plus général du magazine qui traitait de l’intégrisme religieux.

En conséquence, même si ce seul dessin est en lui-même “choquant ou blessant pour les Musulmans, il n’y a pas de volonté délibérée de les offenser”, a ajouté le tribunal.

“Attendu que Charlie Hebdo est un journal satirique, contenant de nombreuses  caricatures que nul n’est obligé d’acheter ou de lire, à la différence d’autres supports tels que des affiches exposées sur la voie publique;

Attendu que toute caricature s’analyse en un portrait qui s’affranchit du bon goût pour remplir une fonction parodique (…)

Attendu que le genre littéraire de la caricature, bien que délibérément provocant, participe à ce titre à la liberté d’expression et de communication des pensées et des opinions (…)  

Les juges ont estimé que les caricatures relevaient de la liberté d’expression et ne s’en prenaient pas à l’islam mais aux intégristes.