“Actuellement, l’enneigement en montagne est celui d’une fin de mois d’avril. Mais comme tout le monde est en manque d’hiver, le parking d’Anéou ressemble à celui d’une grande surface d’un samedi après midi… Heureusement, la montagne est ample… et très vite, nous devenons des fourmis parmi d’autres sur ce linceul encore blanc…

Pour éviter la balade classique, nous commençons par un court passage technique, de quoi rentrer dans le vif du sujet. Puis, très vite, le paysage s’ouvre, laissant la place à l’imaginaire.

Aujourd’hui, le groupe manie aussi bien la langage signé qu’oral. Ils ne ratent pas une miette de ce paysage-tableau. Chaque regard est un sourire qui illumine celui de l’autre. Tant bien que mal, j’apprends à dire poésie en langue des signes. Les mains sont délicates et silencieuses. Tout se fait en discrétion, même pour trinquer, nous touchons nos doigts plutôt que nos verres…

La chaleur humaine ne parvient pas à faire fondre cette neige désuète. Cette année, elle ne sait pas trop trouver sa place, cherchant les interstices parmi de vieux iris.

Pour perdurer cette journée d’échanges, nous nous lovons sur les fauteuils de l’incontournable auberge du caviste.”

Texte et photo: Fred DELORD