Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent contre le gouvernement communiste de Hongrie.
La manifestation tourne rapidement à l’émeute. Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline.
Dès le dimanche 4 novembre, l’Armée Rouge investit Budapest. Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n’en sont pas moins écrasés.
A cette occasion, le poète Jules Supervielle écrit le texte “A nos amis hongrois”. Il sera imprimé sous forme de tract et diffusé pendant la révolution d’octobre à Budapest.

Remplaçons dans le texte original, Hongrie par Syrie et hongrois par Alep ; le temps passe, les constantes restent, les révolutions populaires finissent mal, la grande russie n’est jamais très éloignée et le magnifique texte de Jules Supervielle malheureusement très actuel!

Texte original de Jules Supervielle

A nos amis hongrois

Pendant que la planète
Avec tous ses pays
Tourne cruellement
Autour de sa Hongrie
Montagneuse, saignant
Pour les cinq continents
Votre sort détestable
Fait de nous des coupables.
Comme pour comparaître
Devant un juste Maitre
Avec son tribunal
Nous ouvrons nos fenêtres
Dans le jour qui fait mal,
Nous qui ne pouvons rien
Vous qui manquez de tout
Nous qui ne pouvons rien
Que nous mettre à genoux
Nous qui ne croyons pas
Nous qui prions pour vous.