Longtemps incompris, les dessins surréalistes et grinçants de Roland Topor ne laissent pas de marbre.
Chez Roland Topor, les têtes gonflent comme des ballon, s’ouvrent comme des boîtes vides ou servent de bassin pour une partie de pêche. Des rangées de dents acérées se déroulent pour rire ou s’entre-croquer, les femmes cachent au creux de leur sexe un diablotin ou un essaim d’abeilles…
Veine surréaliste, romans, décors, scénarios, pièces de théâtre… Si Roland Topor a laissé derrière lui une œuvre foisonnante, il fut surtout un dessinateur de génie. Provoquant malaise ou dégoût, ses dessins ont longtemps été incompris du public. Mais ses visions sombres et fantaisistes de corps malmenés, étirés, percés d’un trou en plein visage ou en pleine poitrine, expriment un cri total qui ne laisse personne indifférent.

En 1962, avec Fernando Arrabal et Alexandro Jodorowsky, il est l’un des créateurs du mouvement Panique (ou, comme l’affirmèrent ses fondateurs, un « anti-mouvement »).

Mais Topor savait aussi être tendre, à partir des années 1970, il se consacre à la jeunesse : illustration du Pinocchio Collodi, publication d’un album hommage à Alice aux pays des merveilles, création des personnages de l’étrange et culte Téléchat, programme télévisé pour enfants présenté par un matou reporter et une autruche plantureuse ! Dans La Planète Sauvage,film d’animation dont il élabore le scénario avec René Laloux, Topor livre une réflexion sensible sur la nature humaine, la résistance à l’oppression et la recherche de la paix…