Cette remise, organisée au ministère de la Culture, a donné lieu à une “présentation des enjeux du projet, ses valeurs universelles, ses spécificités, les partenariats des trois pays autour de la candidature” (la Suisse étant également partie prenante à travers le canton du Valais). Un film sur les pratiques de l’alpinisme a également été présenté, avant que les porteurs de la candidature (collectivités, fédérations des clubs alpins français et italiens, musée de la Montagne de Turin…) répondent aux questions du comité français du patrimoine ethnologique et immatériel.
Cette audition s’est révélée satisfaisante, puisque l’ambassadeur de France présentera cette candidature aux instances de l’Unesco dès ce mois de mars. La réponse, après un examen approfondi du dossier, pourrait intervenir en novembre 2019. L’alpinisme se pratique dans le monde entier, mais le mot lui-même rappelle qu’il s’agit d’une discipline née dans les Alpes et plus particulièrement dans le massif du Mont-Blanc (première ascension en 1786 par Jacques Balmat et Michel-Gabriel Paccard)*.

L’alpinisme après le mont Blanc
Consciente des enjeux de ces classements en termes touristiques, Chamonix fait feux de tout bois. Il y a quatre mois, les trois présidents de la conférence transfrontalière mont Blanc - réunissant des territoires de la Savoie, de la Haute-Savoie, de la région autonome Vallée d’Aoste et du canton du Valais - signaient une déclaration d’intention “engageant les démarches préalables et nécessaires au lancement conjoint d’une procédure de classement du massif du Mont-Blanc au patrimoine mondial de l’Unesco” (voir notre article ci-dessous du 26 octobre 2017).
Si la nouvelle candidature est finalement retenue, l’alpinisme rejoindra les quinze autres éléments du patrimoine culturel immatériel de la France déjà inscrits par l’Unesco depuis 2008 : la fauconnerie (inscription commune avec une vingtaine de pays), le carnaval de Granville, les fêtes du feu du solstice d’été dans les Pyrénées, le gwoka (musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne), les ostensions septennales limousines, le fest-noz breton, l’équitation de tradition française, le compagnonnage, le repas gastronomique des Français, le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon, le “Cantu in paghjella” profane et liturgique de Corse de tradition orale, la tapisserie d’Aubusson, la tradition du tracé dans la charpente française, le Maloya (musique et danse de La Réunion) et, enfin, les géants et dragons processionnels de Belgique et de France.

*D’aucuns datent la naissance de l’alpinisme à 1492 avec l’ascension du mont Aiguille (Vercors) par les échassiers du roi Charles VIII.

Pour aller plus loin :

Présentation du dossier de candidature

Le site de l’UNESCO