J’ai toujours pensé que pour les grimpeurs le topo d’escalade était d’un
intérêt supérieur au roman car dès sa prise en main, le film plastique
arraché, le chef de gare pouvait siffler le départ et le voyage commencer…Et quel voyage !
Souvent il s’emballe et peut conduire loin, au-delà du réel, là où seule
la poésie de l’action guide l’imagination.
Un grimpeur est le seul lecteur qui peut s’énerver face à un tracé inexact, pour un nom
de voie mal orthographié, une date imprécise.
Il est le seul qui d’un coup d’œil exercé fouille dans le labyrinthe des mots et
des photos pour trouver un chapitre qui n’intéresse
que lui et reste obscur pour le commun des mortels : le matos à emporter !
Le topo est déjà le début de l’aventure. L’été qui s’annonce. Tout n’y est pas dit, pourtant, pour qui laisse son esprit agir à partir de quelques
infos, un topo c’est déjà de l’escalade. On a mal au pied. On y est. Enfin on y
sera bientôt ! Grimper induit le risque, le stress, l’adrénaline mais
aussi la joie, le bonheur de l’ascension, les petites nuits, les bivouacs
humides, les marches dans les pierriers interminables, les nœuds dans la corde,
la soif., les rappels, la descente, le couloir bouché par la neige. Alors
l’acte de grimper commence souvent dans la longue lecture d’un topo.










