Brèves de Montagne

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mercredi 15 août 2012

Les Rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau - Cinquième promenade intégrale (1776-1778)

2012 marque les 300 ans de la naissance de Jean-Jacques Rousseau…Le 28 juin 1712 est pourtant une date que le philosophe détesta toute sa vie. “La naissance fut le premier de mes malheurs”, aimait-il à rappeler, sa mère étant morte en couches et son père l’abandonnant quelques temps après.
Les Confessions, Émile, Du Contrat Social, Le Discours sur l’Origine et le Fondement de l’Inégalité parmi les Hommes sont des pierres d’achoppement de notre philosophie occidentale. Sorte de cairn parmi ces œuvres majeures, les Rêveries du Promeneur Solitaire tiennent à la fois de l’autobiographie et de la réflexion philosophique. Elles constituent le dernier des écrits de Rousseau, la partie finale ayant vraisemblablement été conçue quelques semaines avant sa mort, et l’œuvre étant inachevée. Beaucoup les considèrent comme un des plus beau texte de la langue française.
“Quand le soir approchait je descendais des cimes de l’île et j’allais volontiers m’asseoir au bord du lac sur la grève dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m’en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser. De temps à autre naissait quelque faible et courte réflexion sur l’instabilité des choses de ce monde dont la surface des eaux m’offrait l’image : mais bientôt ces impressions légères s’effaçaient dans l’uniformité du mouvement continu qui me berçait, et qui sans aucun concours actif de mon âme ne laissait pas de m’attacher au point qu’appelé par l’heure et par le signal convenu je ne pouvais m’arracher de là sans effort.”

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jeudi 15 mars 2012

Le dessin des montagnes - Nicolas Boldych

J’ai longtemps essayé de dessiner des montagnes, sans jamais être satisfait du résultat.
Elles sont là face à vous, massives et évidentes, à la fois ombre et lumière, axe et façade ; et le dessin de leurs crêtes qui flirtent avec l’apesanteur des nuages est la clarté même, une sur-clarté pourrait-on dire. Et pourtant la forme d’une montagne, et plus encore son volume, avec ses engrenages, ses plis et replis, se laissent difficilement appréhender. Le minéral d’une manière plus général ne guide pas le trait du dessinateur : sur une falaise, un rocher, ou même la moindre des pierres il y a mille trajets possibles entre lesquels la main qui dessine aura du mal à choisir. Quand on dessine le vivant, les arbres ou les animaux, on dessine un processus en cours, la feuille veut tomber, le tronc tient en terre, le nuage lui-même a un but qu’il remplit impassiblement.

Le suite dans…la Revue des Ressources : Le dessin des montagnes de Nicolas Boldych

samedi 18 février 2012

Le domaine d Arnheim...Quand Magritte rencontre Edgard Alan Poe

Le jardin était taillé comme une belle dame,
Étendue et sommeillant voluptueusement,
Et fermant ses paupières aux cieux ouverts.
Les champs d’azur du ciel étaient rassemblés correctement
Dans un vaste cercle orné des fleurs de la lumière.

Les iris et les rondes étincelles de rosée,
Qui pendaient à leurs feuilles azurées, apparaissaient
Comme des étoiles clignotantes qui pétillent dans le bleu du soir.

vendredi 20 mai 2011

Un été dans la Sierra de John Muir . Un livre de merveilles

« John Muir – Planète Terre – Univers » tels sont les mots que l’on trouve inscrits sur la face intérieure des carnets de route de cet immense naturaliste. “ Aussi longtemps que je vivrai, j’entendrai les chutes d’eau, le chant des oiseaux et du vent, j’apprendrai le langage des roches, le grondement des orages et des avalanches. Je me livrerai aux glaciers et aux fleuves sauvages et je resterai aussi près que possible du cœur du monde. Et qu’importe la faim, le froid, les travaux difficiles, la pauvreté, la solitude, les besoins d’argent, le souci d’être connu ou de se marier ! Découvrir cet “Eté passé dans la Sierra”  dans l’éblouissement des matins clairs et des cieux sans limites est une révélation…Parcourir Muir c’est découvrir le monde avant l’homme, les forêts primaires parcourues encore par les tribus d’indiens, des bergers, quelques trappeurs et des chercheurs d’or. Ce sont les grands parcs nationaux avant le tourisme. Les images entraperçues ne sont pas sans rappeler les photos de Lucien Briet à la même époque dans une sierra plus proche de nous : la sierra de Guara. Mais Briet ne laissera pas de textes aussi importants…

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mardi 5 avril 2011

Sur les crêtes de l’aurore (extrait de « La carte de Guido ») par Kenneth White

Lorsque je vivais à Pau, là-bas dans le Sud-Ouest, je traversais souvent la frontière espagnole à Irún, et avais fini par connaître assez intimement toute la région cantabrique.
Mais curieusement, je n’étais jamais allé jusqu’aux Pics d’Europe.
La raison en est peut-être que, pendant dix-sept ans, j’avais eu les Pyrénées dans ma fenêtre et dans l’esprit, quand ce n’étaient pas leurs sentiers sous les pieds. Peut-être aussi avais-je inconsciemment réservé ces Pics d’Europe (ainsi nommés parce qu’ils étaient les premières terres du « vieux continent » que les marins apercevaient au retour du Nouveau Monde) comme à la fois un résumé et une culmination.

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dimanche 27 mars 2011

"Le véritable grimpeur n'a pas besoin de rocher"

C’est dans  la revue La montagne et alpinisme du CAF que parut dans les années 1990 la nouvelle « le meilleur grimpeur du monde » où l’écrivain alpiniste Bernard Amy proposa un conte philosophique qui marqua durablement le milieu montagnard .
Né a Beyrouth (Liban) en 1940, il travaille à Grenoble dans la recherche. Une formation le mène d’Aix-en-Provence à la Californie, d’où il rapporte la notion de « Wilderness », dans la lignée de John Muir et du Sierra Club. Attiré depuis toujours par l’écriture, il collabore à la plupart des grandes revues de montagne, avant de participer, en 1977, à la fondation de la revue « Passage », qui ambitionnait de parler autrement de la montagne.
Bernard Amy a ouvert de nombreuses voies dans la plupart des grands massifs montagneux, mais il est aussi connu pour être l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels on peut citer « La montagne des autres » (Arthaud, 1972), « Calcaires de Provence » (Glénat, 1983), « Le meilleur grimpeur du monde » (Glénat, 1985), ou encore « Le voyage à la cime » (Glénat 1996).
Bernard Amy est un des fondateurs de Mountain Wilderness France, dont il est devenu Président à la suite de Haroun Tazieff et Patrick Gabarrou. Il est aujourd’hui extrêmement investi dans l’Observatoire des Pratiques de la Montagne et de l’Alpinisme (OPMA).

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vendredi 29 octobre 2010

Théodore Monod le Saharien, ce mois ci dans le Blog du Monde Diplomatique

Théodore Monod, disparu le 22 novembre 2000 à 98 ans, était un grand voyageur et un savant polyvalent : ichtyologue, géologue, botaniste et préhistorien. Professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris et directeur de l’Institut français d’Afrique Noire à Dakar (IFAN) de 1939 à 1965, il a aussi été un remarquable explorateur, menant plusieurs missions d’une grande témérité dans des régions sahariennes qui étaient encore inconnues des Européens au XXe siècle….”

SUITE du remarquable article de Bruno Lecoquierre sur  Théodore Monod: ICI

Source : Blog du Monde diplomatique

Image : Copie d’écran d’une carte de M. Bruno Lecoquierre (Expé de 1934-1935)

mardi 20 juillet 2010

Le Mont Analogue de René Daumal, « roman d’aventures alpines, non euclidiennes, et symboliquement authentiques ».

« L’alpinisme est l’art de parcourir les montagnes en affrontant les plus grands dangers avec la plus grande prudence. On appelle ici art l’accomplissement d’un savoir dans une action. »
La littérature de montagne est souvent très conventionnelle. L’ascension d’un sommet propose un but (surhumain) à des héros jeunes qui aiment  l’aventure, l’inconnu et avec souvent à la fin une belle morale où l’effort est couronné de succès…
La poésie a très peu attaqué le sujet de l’alpinisme alors que le domaine est vaste et que nous retournons tous en montagne pour la beauté, la poésie et l’extravagante lumière des paysages..
Si la poésie a un but à part de torturer la langue c’est bien celui de démultiplier les sens et d’ouvrir les horizons …Pourquoi va-t-on en montagne ?

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mercredi 14 avril 2010

La B.P.U ou Bibliothèque Pyrénéiste Utopique

Fourre tout, incohérente mais réaliste, voilà une tentative réjouissante pour constituer une bibliothèque pyrénéiste utopique. Mélange de topos guide, de carnets naturalistes, de (très) beaux livres, ce condensé en 25 titres pourrait constituer le noyau dur d’une bibliothèque idéale. Parois, paysages et histoires dessinent les contours d’un imaginaire qui invite à l’action et à la contemplation tout en plongeant profondément ses racines dans la culture montagnarde ;3 belles pierres philosophales sur lesquelles est bâti ce petit mausolée de littérature pyrénéiste.


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mardi 30 mars 2010

Poésie poesia en vallée d'Aspe

Au commencement était le mot, le mot
Qui des bases solides de la lumière
A dérobé toutes les lettres du vide. Dylan Thomas

Dimitri Vazemsky est un poète, un plasticien, un écrivain, un éditeur. C’est surtout un garçon doux et attachant. Le projet qu’il nous a présenté a la légèreté d’un flocon et la douceur d’une plume. Il fallait cela au moins, pour séduire la MM.
Au début fut le mot, ou plutôt une idée de Marie-Hélène Marsan qui a deviné à quel point la MM aimait les “barrés”, les dynamiteurs, l’anticonformisme et la subversion. Puis Didier Bourda, l’homme de “Poésie dans les chais” nous a tendu une perche fantastique, genre gros bambou tiré d’une forêt pour pandas géants. L’idée tenait dans une simple phrase: trouver 6 personnes pour porter des lettres en contreplaqué peintes en rouge et tenter de former le mot “poésie”…en montagne. Facile ! Une gravure de Dimitri nous propulsa donc en vallée d’Aspe pour trouver des paysages, de la vie, du non-sens et de la neige comme une page blanche sur laquelle son imaginaire pouvait s’exprimer. Il l’a fait le bougre! Ce mec est fort, plus fort que l’on croyait. Avec douceur, avec grâce, avec humilité, il nous a entrouvert les portes de son monde et a fait exploser le nôtre… et plus rien ne sera jamais comme avant ! C’est du joli.


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