Brèves de Montagne

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jeudi 15 mars 2012

Le dessin des montagnes - Nicolas Boldych

J’ai longtemps essayé de dessiner des montagnes, sans jamais être satisfait du résultat.
Elles sont là face à vous, massives et évidentes, à la fois ombre et lumière, axe et façade ; et le dessin de leurs crêtes qui flirtent avec l’apesanteur des nuages est la clarté même, une sur-clarté pourrait-on dire. Et pourtant la forme d’une montagne, et plus encore son volume, avec ses engrenages, ses plis et replis, se laissent difficilement appréhender. Le minéral d’une manière plus général ne guide pas le trait du dessinateur : sur une falaise, un rocher, ou même la moindre des pierres il y a mille trajets possibles entre lesquels la main qui dessine aura du mal à choisir. Quand on dessine le vivant, les arbres ou les animaux, on dessine un processus en cours, la feuille veut tomber, le tronc tient en terre, le nuage lui-même a un but qu’il remplit impassiblement.

Le suite dans…la Revue des Ressources : Le dessin des montagnes de Nicolas Boldych

vendredi 5 août 2011

René Daumal, la Montagne comme langage

 “Un certain jour d’un certain août, je descendais de régions blanches, acres et dures, où s exerçaient des rafales de grésil et où s’engendraient des orages. Je savais que diverses circonstances m’empêcheraient avant longtemps de retourner au pays aérien des arêtes déchiquetées, dansant en plein ciel, l’illusion du haut et du bas des corniches blanches tracées dans l’abime bleu-noir d’en haut, et qui s’écoulent au milieu d’un après-midi silencieux ; et parmi les pentes burinées de couloirs et luisantes de verglas, d’où partent des mitrailles à l’odeur de soufre.

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mardi 5 avril 2011

Sur les crêtes de l’aurore (extrait de « La carte de Guido ») par Kenneth White

Lorsque je vivais à Pau, là-bas dans le Sud-Ouest, je traversais souvent la frontière espagnole à Irún, et avais fini par connaître assez intimement toute la région cantabrique.
Mais curieusement, je n’étais jamais allé jusqu’aux Pics d’Europe.
La raison en est peut-être que, pendant dix-sept ans, j’avais eu les Pyrénées dans ma fenêtre et dans l’esprit, quand ce n’étaient pas leurs sentiers sous les pieds. Peut-être aussi avais-je inconsciemment réservé ces Pics d’Europe (ainsi nommés parce qu’ils étaient les premières terres du « vieux continent » que les marins apercevaient au retour du Nouveau Monde) comme à la fois un résumé et une culmination.

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samedi 25 décembre 2010

Prose pour le col de Marie-Blanque

C’est l’hiver dans la montagne profonde. La neige tombe à gros flocons. Ici, au col de Marie-Blanque, on marche, lentement.

“Ce n’est ni une étude, ni un savoir livresque, cela filtre à travers l’esprit.”

Le col de Marie-Blanque n’a rien de grandiose. C’est un petit col de rien du tout. On n’y fait pas de prouesses. On y cherche autre chose.

“L’homme réel possède le diamant de la contemplation.”

Le sentier grimpe à travers le bois ; sapins, chênes, bouleaux. Il y a si peu à dire. Nous ne parlons pas. Nous mettons un pied devant l’autre et laissons faire la neige.

“Les loups seuls demeurent dans le bois obscur et silencieux.”

Nous sommes les loups blancs de ces espaces ultimes. Nous aimons cette distance, ce froid illuminé. Notre vie est secrête. Elle n’est plus à vous.

“Si le grand givre n’a pas mordu les branches, comme les fleurs du prunier peuvent-elles être odorantes?”

Lorsqu’on me demandera à quelle religion j’appartiens, je dirais : à celle du col de Marie-Blanque.

Kenneth White - Terre de Diamant - Grasset

lundi 25 octobre 2010

Cristal de roche de Kenneth White

“Cœur de montagne.”

Il y a quatre-vingt dix chemins pour parvenir au pic d’Ossau.

“Ça sent l’hiver”, disait-il, ce berger qui avait deux cent brebis à garder. Il me demanda quel jour on était, ajoutant que si l’on reste trop longtemps là-haut (lui, il y est depuis trois mois), on finit par avoir une “tête de chèvre”.

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dimanche 12 septembre 2010

Rencontre avec Dimitri Vazemsky

Plutôt qu’un vrai éditeur, disons que je ne suis qu’un simple livreur…
Dimitri revient nous voir !..”
Il repasse pour présenter son travail à Jurançon ce vendredi 17 avec son compère Didier Bourda, le créateur de “Poésie dans les chais”. Il y aura des coups à boire, forcément avec un nom comme ça…et des coups de poésie à prendre. Comme des vagues sur une étrave, du vent dans la gueule et des mots, comme des éclats sombres aussi véloces que des chocards ou de grands craves à pattes rouges. Pourquoi on aime Didier et Dimitri ? Hein, pourquoi ? Parce qu’ils sont capables d’éclairer, de donner, de secouer notre réel évanoui et nos rêves enfouis. Ce n’est pas donné à tout le monde les grandes tapes dans le dos de la curiosité et les franches poignées d’amour. Des mots et de l’humour aigu comme des pics, des éperons de corail purs et francs. On ne se connaissait pas avant. Depuis une journée de mars on ne se quitterait plus. Dimitri nous a laissé ces lettres en otage. Avec elles, il forme les mots poésie et poesia. On les a gardé à la MM et on ne lui rendra que contre une rançon démesurée, faramineuse : …sa présence chez nous et un projet un peu plus doux…encore et fou toujours !
Petit portrait de l’un…l’autre il faut aller l’écouter déclamer ces vers dans la lignée de Gingsberg, Kerouac ou Bukowski …(http://poesiedansleschais.blogspot.com/)


Un grand merci au projet d’ateliers d’écriture “J’aime pâlir” qui a réalisé cette interview de Dimitri Vazemsky le 02 juin 2010.

Vazemsky c’est votre nom ?
C’est mon nom d’écrivain. C’est pas mon vrai nom. En fait, ça a commencé avec le premier livre que j’ai édité, « Vol de flamands roses », qui est un roman policier qui se passe à Wazemmes. Dimitri c’est mon vrai prénom…

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mercredi 21 juillet 2010

Les nuages se rassemblent au-dessus du sud de la montagne et la pluie tombe sur la montagne au Nord.

Montagne, vidéo, graphisme, météo pour un travail poétique de Lukas Vojir intitulé “Les nuages se rassemblent au-dessus du sud de la montagne et la pluie tombe sur la montagne au Nord.”
Lukas nous explique son travail :

Je suis tombé sur ce koan [une phrase japonaise, courte et paradoxale], il y a quelque temps tout en surfant autour sur internet.. J’ai dessiné dans mon carnet de croquis plus j’ai oublié ce dessin. Puis, quelques semaines plus tard, lorsque la neige a commencé à tomber, je me suis souvenu que je devais réaliser cette illustration en 3D animée. J’y ai ajouté quelques sons et c’est tout…

Clouds gather over the South Mountain, rain falls on the North Mountain from Lukas Vojir on Vimeo.

mardi 20 juillet 2010

Le Mont Analogue de René Daumal, « roman d’aventures alpines, non euclidiennes, et symboliquement authentiques ».

« L’alpinisme est l’art de parcourir les montagnes en affrontant les plus grands dangers avec la plus grande prudence. On appelle ici art l’accomplissement d’un savoir dans une action. »
La littérature de montagne est souvent très conventionnelle. L’ascension d’un sommet propose un but (surhumain) à des héros jeunes qui aiment  l’aventure, l’inconnu et avec souvent à la fin une belle morale où l’effort est couronné de succès…
La poésie a très peu attaqué le sujet de l’alpinisme alors que le domaine est vaste et que nous retournons tous en montagne pour la beauté, la poésie et l’extravagante lumière des paysages..
Si la poésie a un but à part de torturer la langue c’est bien celui de démultiplier les sens et d’ouvrir les horizons …Pourquoi va-t-on en montagne ?

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mardi 30 mars 2010

Poésie poesia en vallée d'Aspe

Au commencement était le mot, le mot
Qui des bases solides de la lumière
A dérobé toutes les lettres du vide. Dylan Thomas

Dimitri Vazemsky est un poète, un plasticien, un écrivain, un éditeur. C’est surtout un garçon doux et attachant. Le projet qu’il nous a présenté a la légèreté d’un flocon et la douceur d’une plume. Il fallait cela au moins, pour séduire la MM.
Au début fut le mot, ou plutôt une idée de Marie-Hélène Marsan qui a deviné à quel point la MM aimait les “barrés”, les dynamiteurs, l’anticonformisme et la subversion. Puis Didier Bourda, l’homme de “Poésie dans les chais” nous a tendu une perche fantastique, genre gros bambou tiré d’une forêt pour pandas géants. L’idée tenait dans une simple phrase: trouver 6 personnes pour porter des lettres en contreplaqué peintes en rouge et tenter de former le mot “poésie”…en montagne. Facile ! Une gravure de Dimitri nous propulsa donc en vallée d’Aspe pour trouver des paysages, de la vie, du non-sens et de la neige comme une page blanche sur laquelle son imaginaire pouvait s’exprimer. Il l’a fait le bougre! Ce mec est fort, plus fort que l’on croyait. Avec douceur, avec grâce, avec humilité, il nous a entrouvert les portes de son monde et a fait exploser le nôtre… et plus rien ne sera jamais comme avant ! C’est du joli.


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mardi 23 février 2010

Marcher, grimper une philosophie…

Deux livres récemment sortis parlent de notre passion. Deux textes puissants, érudits, poétiques, flamboyants.
« Pourquoi grimper sur les montagnes » de Patrick Dupouey et « Marcher, une philosophie » de Frédéric Gros.
Des mots, des images, des sons qui bruissent en nous et nous réveillent le matin de bonne heure, de bonheur : Pourquoi va-t-on en montagne ? Pourquoi marche-t-on ? Pourquoi grimper ? 

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